Un sujet inépuisable…

Pensée écologique, développement durable, responsabilité sociale des entreprises, gouvernance globale & gouvernance locale mondiale, justice intergénérationnelle, organisation des pays et des collectivités, culture, religions, droit naturel, idéaux humains, enjeux environnementaux de la mondialisation, etc.

Lorsqu’il est question d’environnement, nous sommes rapidement propulsés vers des chemins qui s’éloignent et se rapprochent à la fois. Le champ de l’éthique de l’environnement dépasse à lui seul, par sa complexité en autre, le cadre général de l’éthique appliquée. C’est pour cette raison que j’ai décidé de m’intéresser à l’environnement comme organisation globale. En fait, je parlerai souvent d’environnement en termes de biosphère.

Notre biosphère comme organisation

Prenons un peu de recul et regardons notre biosphère comme une grande organisation où des interactions individuelles, collectives (communautés et associations) et naturelles se produisent. Chacun d’entre nous entretient des rapports individuels et collectifs avec l’environnement et la nature. Dans ce cas, n’avons-nous pas des devoirs face à notre biosphère, incluant la nature et les espèces qui la composent? Quelles sont les valeurs que nous sommes prêts à mettre de l’avant comme société pour protéger la planète?

Environnement et engagement moral

Il y a quelques semaines, j’écoutais un épisode de l’émission Second Regard qui portait sur l’environnement et l’engagement moral. Des entrevues avaient lieu avec Lucie Pagé et David Suzuki qui militent pour la protection de l’environnement. Les propos de l’écrivaine, journaliste et militante Lucie Pagé étaient forts intéressants : « Pourquoi est-ce que la glace fond, parce qu’on n’a plus de cœur, parce qu’on a perdu l’humanité d’un humain (…) Ce n’est pas l’argent qui va changer le monde (…) Nous ne sommes rien sans l’environnement et l’écologie, nous sommes l’environnement et l’écologie. (…) En ce moment, nous nourrissons une idéologie économique qui est vouée au désastre humanitaire, la réponse c’est les jeunes ». En écoutant cela, je me dis que la protection de l’environnement doit effectivement passer par un engagement moral et un réveil collectif. Nous sommes habitués à entendre des discours portant sur des engagements politiques tout en sachant que le lobbying des entreprises les plus influentes sur le plan économique a un impact sur le portrait politique et nécessairement environnemental.

« Moi l’Humain qui a le Droit de »

Dites-moi, pourquoi faut-il toujours ramener nos rapports avec l’environnement à cette notion d’utilité et de profitabilité? Continuer de propager ce courant de pensée où la nature et l’animal ne sont que des moyens pour l’homme? Il existe même des doctrines qui donnent seulement une valeur morale aux êtres libres et doués de raison. Honnêtement, lorsqu’il est question d’environnement, je ne suis pas certaine que l’on puisse réfléchir de cette manière. Je me permets ici un jugement de valeur car je ne crois pas que cette façon de nous positionner au-dessus de tout ce qui nous entoure est une bonne approche. D’ailleurs, cela ne peut qu’être prétendu que par nous-mêmes. Je suis personnellement d’avis que pour encourager les débats et la mise en place de solutions pour la protection de l’environnement, nous avons avantage à considérer notre place comme être humain en tant que maillon d’une chaîne naturelle. Vous savez, cette notion d’interdépendance où tous les éléments sont interreliés. Sinon, comment s’assurer de préserver l’environnement et être en mesure de bien identifier les devoirs que nous avons face à notre biosphère? D’une certaine façon, l’empreinte écologique que nous laissons représente un bilan individuel et collectif des activités que nous exerçons; des projets, des orientations de développement et d’avancements technologiques que nous proposons. Ces entreprises que nous pointons si facilement du doigt et qui influencent l’échiquier politique, n’oublions-pas que nous en faisons également partie. N’avons-nous pas des devoirs moraux au sein de ces différentes organisations?

Environnement et Changement

Si nous voulons établir un réel changement dans notre façon d’entretenir un lien avec l’environnement, peut-être faut-il changer nos habitudes et agir autrement. Cela demande évidemment des efforts. Le changement après tout, c’est nous tous.

À quelque part, j’ai tendance à penser que si nous regardons notre biosphère comme une grande organisation et que nous nous amusons à la visualiser avec un miroir, le monde sera possiblement le reflet de nos croyances et de nos valeurs collectives. Est-ce notre façon de voir le monde et l’environnement? Pouvons-nous établir des liens positifs avec les communautés qui nous entourent afin de favoriser le changement et l’engagement moral en matière d’environnement? Si nous sommes en cause dans la destruction de notre écosystème, c’est que nous faisons également partie de la solution.

En conclusion, j’aimerais vous laisser sur l’Ubuntu dont Lucie Pagé fait mention dans l’épisode de Second Regard. Cela nous vient de la philosophie africaine et nous ramène à cette prise de conscience en tant qu’individu qui se définit selon ses interrelations avec autrui (incluant l’environnement) : « Je suis parce que nous sommes » d’où l’idée que nous ne sommes rien sans l’écologie et l’environnement.

Bref, nous ne sommes rien sans cette grande organisation qu’est la biosphère. Alors, qu’attendons-nous?
Bonne réflexion!
S.L.

Qu'en pensez-vous? 5 commentaires

  • Isabelle dit :

    Bonjour Sabrina!

    Super article. Je pense que le problème de l’environnement va bien au-delà de la relation que nous entretenons avec ce dernier ou avec autrui… Que c’est un mal beaucoup plus profond en fait. Un mal qui vient de la relation qu’ont les hommes et les femmes (en tant qu’individu) avec eux même. Plus souvent qu’autrement, nous ne faisons pas attention à nous-même, nous sommes déconnecté de notre essence même, nous ne respectons ni notre corps, ni notre mental… comment pourrions-nous respecter ce qui nous entour. Comme on le dit souvent, il faut s’aimer pour pouvoir aimer. Et selon moi, ça s’applique tout autant, sinon plus, à environnement! Enfin, on pourrait en parler longtemps… et il y aurait encore à dire!

    Bonne journée :)

    • Sabrina dit :

      Bonjour Isabelle,

      Merci pour ce commentaire très intéressant, effectivement comment s’engager envers quelque chose d’autre si nous ne le sommes pas d’abord envers nous-mêmes.

      S.L.

  • Pierre Perron dit :

    Bonjour Sabrina,

    En 2015 le jour du dépassement global de la planète fut le 13 aout 2015 . En 1986 ce jour était le 31 décembre . Cela signifie que depuis 1986 l’humanité consomme les ressources renouvelables de la planète de plus en plus rapidement . L’humanité puise dans les réserves naturelle de la terre de facon non réversible ce qui nous condamnera à prendre des décisions dramatiques un jour ou l’autre . La population mondiale ne cesse de croitre et l’environnement ne cesse de se détériorer à cause de l’humanité qui n’en prend pas soins . Nous vivons au dessus de nos moyens , notre crédit s’épuise rapidement .

    De grandes déçisions devrons être prises pour préservé la terre de son plus grand CANCER qui est malheureusement la race humaine .

    Il faut bien le dire , nous n’apprenons pas de nos erreurs , pourtant cette terre qui nous aime tant nous lance des messages présentement , saurons nous les entendre pendant qu’il en est encore temps .

    Pierre Perron

  • Pierre Perron dit :

    Le calcul de la date prend trois paramètres en compte :

    la biocapacité ou capacité de production biologique de la planète (quantité des ressources naturelles fournies par la Terre l’année considérée) ;

    l’empreinte écologique de l’humanité (consommation humaine en ressources naturelles l’année considérée) ;
    le nombre de jours dans l’année, soit 365 par convention.
    soit :

    Jour du dépassement = ( Biocapacité / Empreinte écologique ) x 365

    • Sabrina dit :

      Bonjour Pierre,

      Vous n’êtes pas le seul à voir les choses de cette façon et beaucoup de gens se sentent désabusés face à la cause environnementale.Je vous encourage à continuer de tenir un discours engagé autour de vous et à sensibiliser les gens car lorsque le découragement se pointe, c’est là que l’on cesse d’en parler. Le changement de comportement s’opère souvent via de petits gestes et via une réflexion régulière.
      Merci beaucoup pour vos commentaires et continuez d’encourager la réflexion sur l’environnement,
      S.L.

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